Impôt sur les sociétés au Maroc : taux, réductions et exemptions en 2026-2027
L’impôt sur les sociétés au Maroc est un élément essentiel à maîtriser pour toute SARL, SA, PME, entreprise commerciale ou société étrangère imposable au Maroc. En 2026-2027, les entreprises doivent connaître les taux d’IS, la cotisation minimale, les retenues à la source, les exonérations fiscales et les réductions d’impôt prévues par le Code Général des Impôts. Comprendre ces règles permet de mieux gérer sa fiscalité, anticiper sa trésorerie, éviter les pénalités et optimiser légalement la rentabilité de son entreprise au Maroc.

Impôt sur les sociétés au Maroc : taux, réductions et exemptions en 2026-2027
L’impôt sur les sociétés au Maroc, souvent appelé IS, est un impôt essentiel pour les SARL, SA, sociétés commerciales, entreprises industrielles, prestataires de services, groupes de sociétés, filiales étrangères et établissements stables imposables au Maroc. Pour un dirigeant, un entrepreneur ou un investisseur, comprendre les taux de l’impôt sur les sociétés, les réductions fiscales et les exemptions en 2026 permet d’anticiper la trésorerie, sécuriser la comptabilité, éviter les pénalités et améliorer la rentabilité nette de l’entreprise.
Après la réforme fiscale engagée sur la période 2023-2026, l’IS au Maroc entre dans une phase plus lisible. Les taux principaux sont désormais organisés autour de 20 %, 35 % et 40 %, selon le bénéfice net fiscal, le secteur d’activité et le profil de la société. Mais le taux d’IS n’est qu’une partie du sujet. Une entreprise doit aussi comprendre la cotisation minimale, les retenues à la source, les exonérations temporaires, les réductions fiscales, les abattements sur plus-values, les règles de déclaration et les nouvelles mesures fiscales applicables en 2026 avec certaines évolutions déjà prévues pour 2027.
Qu’est ce que l’impôt sur les sociétés au Maroc ?
L’impôt sur les sociétés est un impôt direct appliqué aux bénéfices réalisés par les personnes morales soumises à l’IS. Il ne se calcule pas directement sur le chiffre d’affaires, mais sur le résultat fiscal. Ce résultat part du résultat comptable, puis il est corrigé par des réintégrations et déductions fiscales prévues par le Code Général des Impôts. Une société peut donc réaliser un chiffre d’affaires important sans payer un IS élevé si ses charges fiscalement admises réduisent son bénéfice imposable. A l’inverse, une entreprise avec un chiffre d’affaires plus modeste peut supporter une charge fiscale importante si sa marge est élevée ou si certaines charges ne sont pas correctement justifiées. L’IS concerne notamment les SARL, les SA, les sociétés commerciales, les sociétés industrielles, les établissements publics exerçant une activité lucrative, certaines associations imposables, les sociétés non résidentes réalisant des opérations au Maroc et d’autres personnes morales prévues par la réglementation fiscale marocaine.
Qui est concerné par l’IS au Maroc ?
Les sociétés ayant leur siège au Maroc sont généralement imposables sur l’ensemble de leurs bénéfices, produits et revenus, sous réserve des conventions fiscales internationales. Les sociétés étrangères peuvent aussi être soumises à l’IS lorsqu’elles disposent d’un établissement stable au Maroc, réalisent des opérations imposables sur le territoire marocain ou perçoivent certains revenus de source marocaine. Les formes les plus concernées sont les SARL, SARL à associé unique, SA, sociétés de services, sociétés industrielles, entreprises commerciales, sociétés d’assurances, établissements de crédit et organismes assimilés. Pour un créateur d’entreprise, cette distinction influence directement la comptabilité, les déclarations fiscales, les acomptes, la distribution des dividendes et la rémunération du dirigeant.
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Comment calculer l’impôt sur les sociétés ?
Le calcul de l’IS commence par le résultat comptable de l’exercice. Ce résultat correspond à la différence entre les produits et les charges enregistrés par l’entreprise. Pour obtenir le résultat fiscal, la société doit ensuite appliquer les règles fiscales prévues par le CGI. Certaines charges peuvent être réintégrées si elles ne sont pas justifiées, si elles ne sont pas engagées dans l’intérêt de l’exploitation ou si elles ne respectent pas les conditions de déduction. Une fois le bénéfice net fiscal déterminé, le taux d’IS applicable permet de calculer l’impôt dû. La société doit ensuite vérifier si la cotisation minimale s’applique, puis gérer les acomptes provisionnels calculés sur la base de l’impôt dû au titre de l’exercice précédent. Cette mécanique rend indispensable une comptabilité fiable et un suivi régulier de la trésorerie.
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Les taux de l’impôt sur les sociétés au Maroc en 2026
En 2026, les taux de l’impôt sur les sociétés au Maroc sont structurés autour de trois niveaux principaux. Le taux de 20 % constitue le taux normal de droit commun pour la majorité des sociétés dont le bénéfice net fiscal est inférieur à 100 millions de dirhams. Il concerne de nombreuses PME, SARL, sociétés de services, entreprises commerciales et sociétés industrielles classiques. Le taux de 35 % s’applique généralement aux sociétés dont le bénéfice net fiscal est égal ou supérieur à 100 millions de dirhams, sauf exceptions prévues par la loi. Ce taux vise surtout les grandes entreprises réalisant des bénéfices élevés. Certaines sociétés peuvent toutefois bénéficier de règles particulières, notamment selon leur statut, leur localisation ou leurs engagements d’investissement.
Le taux de 40 % concerne principalement les établissements de crédit, les organismes assimilés, Bank Al Maghrib, la Caisse de Dépôt et de Gestion, ainsi que les entreprises d’assurances et de réassurance. Ce taux spécifique reflète le traitement fiscal particulier du secteur financier et assurantiel. Il est important de préciser que l’IS marocain ne fonctionne pas comme un barème progressif par tranche. En principe, le taux applicable concerne l’ensemble du bénéfice net fiscal selon la catégorie de la société. Le seuil de 100 millions de dirhams doit donc être surveillé, car son franchissement peut modifier fortement la charge fiscale.
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La cotisation minimale en matière d’IS
La cotisation minimale reste un point important pour les entreprises soumises à l’IS. Même lorsqu’une société déclare une perte fiscale ou un bénéfice très faible, elle peut être tenue de payer un minimum d’impôt. Cette cotisation est calculée sur une base comprenant notamment le chiffre d’affaires hors taxe, certains produits d’exploitation, les produits financiers, les subventions et les dons reçus. Le taux général de la cotisation minimale est de 0,25 %. Un taux spécifique de 0,15 % peut s’appliquer à certaines activités prévues par la loi. Pour les sociétés soumises à l’IS, le montant minimum ne peut pas être inférieur à 3 000 dirhams. Cette règle oblige les entreprises à intégrer la fiscalité dans leur gestion de trésorerie, même en période de faible rentabilité.
Les retenues à la source en 2026 et 2027
L’impôt sur les sociétés ne se limite pas au taux appliqué sur le bénéfice. Certaines opérations sont également soumises à des retenues à la source. Les dividendes, les produits de placements à revenu fixe, les rémunérations versées à des non résidents, les rémunérations allouées à des tiers et certains produits de location peuvent être concernés. Pour les dividendes et revenus assimilés, la trajectoire fiscale reste importante à suivre. En 2026, la retenue à la source sur les dividendes est de 11,25 %. A partir de 2027, le taux prévu passe à 10 %. Cette évolution intéresse particulièrement les associés, actionnaires, holdings et sociétés qui envisagent une distribution de bénéfices. Elle doit toutefois être analysée avec les règles du CGI et les conventions fiscales internationales lorsqu’un bénéficiaire est non résident.
Les produits de placements à revenu fixe sont généralement soumis à une retenue à la source de 20 %. Les produits bruts perçus par des personnes physiques ou morales non résidentes peuvent être soumis à une retenue de 10 %, sous réserve des conventions fiscales applicables. A partir de 2026, une attention particulière doit aussi être portée aux produits de location immobilière versés à certaines personnes morales soumises à l’IS. Une retenue à la source de 5 % peut s’appliquer selon les conditions prévues, avec une mise en oeuvre progressive selon le chiffre d’affaires des entreprises concernées. Cette mesure renforce la traçabilité des revenus de location et l’imputation de l’impôt dans le circuit déclaratif.
Les exemptions de l’impôt sur les sociétés au Maroc
Le Maroc prévoit plusieurs exonérations temporaires d’IS afin d’encourager l’investissement, l’industrie, l’export, le tourisme, l’outsourcing, la finance, le sport et l’attractivité économique. Certaines sociétés industrielles exerçant des activités fixées par voie réglementaire peuvent bénéficier d’une exonération totale pendant les cinq premiers exercices suivant le début de l’exploitation. Les sociétés exerçant des activités d’externalisation de services peuvent également bénéficier d’une exonération totale pendant cinq exercices, sous conditions. Ce régime accompagne les métiers de l’outsourcing, les services numériques, les centres de relation client et certaines prestations internationales.
Les entreprises hôtelières peuvent bénéficier d’une exonération totale pendant cinq ans pour la partie de leur base imposable correspondant au chiffre d’affaires réalisé en devises dûment rapatriées. Les sociétés de services ayant le statut Casablanca Finance City peuvent aussi profiter d’un régime fiscal spécifique selon les conditions prévues par la loi. Les entreprises installées dans les zones d’accélération industrielle bénéficient d’une exonération totale de l’IS durant les cinq premiers exercices consécutifs à compter du début de l’exploitation. Ce régime reste un levier important pour encourager la production, l’exportation et la création d’emplois. Les sociétés sportives bénéficient également d’un cadre fiscal important. En 2026, les règles précisent notamment que l’exonération totale d’IS pendant cinq exercices consécutifs commence à compter de l’exercice au cours duquel la société sportive réalise sa première vente imposable. Cette précision évite les ambiguïtés et renforce la professionnalisation du secteur sportif.
Les réductions fiscales pour les sociétés
Les réductions fiscales permettent de diminuer le montant de l’impôt sans supprimer totalement l’imposition. Une mesure importante concerne les sociétés qui s’introduisent à la Bourse des valeurs. Elles peuvent bénéficier d’une réduction de l’impôt sur les sociétés pendant trois années consécutives à compter de l’exercice suivant leur inscription à la cote. La réduction peut être de 25 % lorsque l’introduction se fait par ouverture du capital au public via la cession d’actions existantes. Elle peut atteindre 50 % en cas d’augmentation de capital d’au moins 20 % avec abandon du droit préférentiel de souscription, destinée à être diffusée dans le public. Une autre incitation concerne les sociétés qui investissent dans de jeunes entreprises innovantes en nouvelles technologies. Ce dispositif soutient le financement des startups et l’innovation, sous réserve des conditions liées au plafond d’investissement, à l’apport en numéraire, à la libération du capital et à la conservation des titres.
L’abattement sur les plus values réinvesties
Le régime d’abattement de 70 % sur certaines plus values nettes réalisées lors de la cession d’éléments de l’actif immobilisé reste une mesure importante pour les entreprises. Il peut s’appliquer sous réserve de réinvestissement et du respect des conditions prévues par la loi. Son application a été prorogée jusqu’à 2030, ce qui lui donne un intérêt réel pour les exercices 2026 et suivants.
Cette mesure peut être utile pour une société qui vend un actif afin de moderniser son outil de production, changer de site, réorganiser son patrimoine professionnel ou financer un nouveau projet. Pour bénéficier de cet avantage fiscal, la société doit respecter les délais, les conditions de réinvestissement et les obligations déclaratives.
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Les nouveautés fiscales 2026 et perspectives 2027
En 2026, l’impôt sur les sociétés au Maroc entre dans une phase plus moderne et plus encadrée. La Loi de Finances 2026 renforce la conformité fiscale, la traçabilité des opérations, les déclarations électroniques et le suivi des revenus imposables. Les entreprises doivent donc accorder plus d’importance à la qualité des justificatifs, à la comptabilité sous format électronique, à la communication avec l’administration fiscale et au respect des délais déclaratifs. Les sociétés non résidentes sans établissement au Maroc doivent désormais déclarer certaines plus-values immobilières dans un délai spécifique lorsqu’elles cèdent des immeubles situés au Maroc. L’imposition suit alors les taux de droit commun applicables selon le montant de la plus value nette.
La transparence fiscale des organismes de placement collectif en capital est aussi renforcée. Les revenus distribués doivent être mieux ventilés selon leur nature, notamment dividendes, intérêts, plus values ou autres produits. Cette évolution améliore la lisibilité fiscale pour les investisseurs et les sociétés concernées. Pour 2027, l’évolution la plus importante déjà programmée concerne la retenue à la source sur les dividendes, qui doit passer à 10 %. Certaines mesures 2026 prévoient aussi une application progressive vers 2027 et 2028 selon le chiffre d’affaires des entreprises concernées, notamment pour certaines retenues à la source. Il est donc recommandé de suivre les prochaines lois de finances, car la fiscalité marocaine continue d’évoluer vers plus de digitalisation et de contrôle.
Les obligations déclaratives à respecter
Une société soumise à l’IS doit tenir une comptabilité conforme, établir ses états financiers, déterminer son résultat fiscal, déposer sa déclaration et payer l’impôt dans les délais. La déclaration du résultat fiscal doit généralement être déposée dans les trois mois suivant la clôture de l’exercice comptable. Les sociétés doivent aussi payer des acomptes provisionnels. Ces acomptes permettent de répartir la charge fiscale dans l’année, mais ils peuvent créer des tensions de trésorerie lorsque l’activité baisse après une année bénéficiaire. Une bonne anticipation permet d’éviter les mauvaises surprises.
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Comment optimiser légalement l’IS au Maroc ?
Optimiser l’impôt sur les sociétés ne signifie pas contourner la loi. Une optimisation fiscale sérieuse consiste à appliquer correctement les règles du CGI, documenter les charges, suivre les amortissements, anticiper les investissements et vérifier les régimes d’exonération disponibles. Les charges doivent être justifiées par des factures, contrats, preuves de paiement et documents liés à l’exploitation. Les opérations importantes, comme une cession d’actif, une distribution de dividendes, une restructuration de groupe ou une introduction en bourse, doivent être analysées avant leur réalisation. Un expert comptable ou un conseiller fiscal peut aider à sécuriser les décisions et éviter les erreurs coûteuses.
Conclusion
L’impôt sur les sociétés au Maroc est un enjeu majeur pour les entreprises en 2026 et 2027. Les taux de 20 %, 35 % et 40 % donnent un cadre plus lisible, mais une bonne gestion fiscale exige aussi de comprendre la cotisation minimale, les retenues à la source, les exemptions, les réductions, les abattements, les règles déclaratives et les nouvelles mesures de conformité. Pour une PME, l’objectif est de sécuriser la comptabilité, anticiper les acomptes et éviter les erreurs de déduction. Pour une grande entreprise, il faut surveiller le seuil de 100 millions de dirhams, les restructurations, les distributions de dividendes, les retenues à la source et les obligations de reporting. Bien maîtriser l’IS permet de protéger la trésorerie, améliorer la rentabilité et développer l’entreprise au Maroc dans un cadre légal, fiable et durable.
FAQ : Impôt sur les sociétés au Maroc
Quel est le taux de l’impôt sur les sociétés au Maroc en 2026 ?
En 2026, les principaux taux de l’IS au Maroc sont 20 %, 35 % et 40 %, selon le bénéfice net fiscal et le type d’entreprise.
Quelles sociétés sont soumises à l’IS au Maroc ?
L’IS concerne surtout les SARL, SA, sociétés commerciales, sociétés industrielles, sociétés de services, établissements de crédit, assurances et sociétés non résidentes imposables au Maroc.
Quelle est la cotisation minimale de l’IS au Maroc ?
La cotisation minimale est généralement calculée au taux de 0,25 %, avec un minimum de 3 000 dirhams pour les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés.
Existe t-il des exonérations d’IS au Maroc ?
Oui, certaines entreprises peuvent bénéficier d’exonérations temporaires, notamment dans l’industrie, l’outsourcing, le tourisme, les zones d’accélération industrielle et certains régimes spécifiques.
Quel sera le taux de retenue sur les dividendes en 2027 ?
A partir de 2027, la retenue à la source sur les dividendes et revenus assimilés devrait passer à 10 %, selon la trajectoire fiscale prévue.



